Gestion des matières radioactives

Formuler mon avis

Ajouter une contribution en cliquant sur le bouton “Ajouter ma contribution”

Ajouter ma contribution
  • Stockage de l’uranuim appauvri : qui tire les ficelles ?

    Jean-François SAUVAGE | 04 Décembre 2020 - 22h41

    Au rythme des études et des autorisations, il faudra 50 à 100 ans pour qu’un stockage de l’uranium appauvri soit mis en service. En attendant, il restera entreposé là où il est actuellement, de manière sûre nous dit l’ASN
    Mais en attendant, EDF dépensera de fortes sommes pour réaliser les études et grévera son compte d’exploitation par les provisions pour le futur stockage
    Ce qui permettra à certains de dire que le nucléaire est décidément trop cher et à d’autres que le service public de l’électricité doit être bien évidemment démantelé
    CQFD je suppose

  • conservons le stock stratégique d’uranium apauvri

    Vincent Jacquelin | 03 Décembre 2020 - 15h05

    Considérant que :
    - l’uranium appauvri du fait de sa faible radioactivité est de stockage sécurisé simple.
    - les ressources stockées permettent l’indépendance énergétique de la France à long terme dans des réacteurs de 4e génération
    - ce stock évite le coût environnemental du minage nécessaire aux énergies renouvelables
    - le regain international (Chine, Russie, Inde, etc.) d’intérêt pour le nucléaire va créer une tension dans les décennies à venir sur le minerai d’uranium.
    - la poursuite des investissements dans le nucléaire en dehors de la France en fait, fera une énergie incontournable pour une production décarbonnée de masse lorsqu’il ne sera plus souhaitable ou possible d’inclure des centrales thermiques fossiles dans le mix énergétique.

    Il paraît indécent de se départir de ces ressources stratégiques pour le futur.

  • Reclassement U238 en déchet = suicide industriel et climatique

    Paul Gauthé | 02 Décembre 2020 - 16h28

    Tout est dit dans le titre, cela n’a aucun sens de mettre au rebut des milliers d’années de production d’énergie décarbonée. Les technologies existent. Le reste est littérature.

  • U238 = 4000 ans d’équivalent pétrole, vous voulez vous en passer, en pleine déplétion pétrolière?

    nicolas Breyton | 01 Décembre 2020 - 22h38

    L’Uranium 238 est le plus grand cadeau que nous pourrions léguer à nos enfants : ils n’auront plus de pétrole et seront ravis de pouvoir bénéficier d’une énergie abondante, peu chère et quasi-infinie. Si par manque de clairvoyance l’Etat arrête la GEN4, le reste du monde accélère, et dans 10 ans, il y aura de nombreux surgénérateurs, au sodium, mais aussi aux sels fondus fluorure et chlorures, qui pourront valoriser l’uranium 238. Nous en achèterons si nous ne sommes plus capable de les faire, mais au moins nous aurons de l’U238 pour nous chauffer !
    Dans 25 ans, il n’y aura presque plus de pétrole, et vous vous voulez mettre l’uranium à la benne et le vitrifier? Ce n’est pas juste un faute grave, c’est criminel, vous n’avez pas compris ce que c’est qu’une France sans énergie fossile. C’est de l’anti-écologie. Gardons le plus grand trésor de France prêt pour son usage, sinon, dès que nous manquerons de gaz russe, nous nous dirons : mais qu’avons nous fait? Si vous faites cela, c’est le plus grand scandale d’Etat du 21ème siècle. Comme si l’Arabie Saoudite décidait de benner son pétrole. Mais vous êtes vraiment sérieux?

  • Un gaspillage économique, un déni vis-à-vis des générations futures et de l’environnement

    P. Michaille - Sfen Provence - ARCEA . GAENA | 01 Décembre 2020 - 19h51

    Prenant prétexte de dimensionner le stockage de déchets de faible activité à vie longue, le Ministère de la Transition Écologique pose la question de transformer les matières nucléaires valorisables (uranium appauvri, uranium de retraitement, thorium, plutonium civil) en déchets.
    C’est faire fi de toutes les opérations de purification et de concentration de ces matières qu’il a fallu réaliser, et qui en constituent la valeur : la concentration de l’uranium est de l’ordre de quelques pour mille (kg/tonne), exceptionnellement du %, dans les sites naturels exploitables. C’est dire les masses et les volumes de roches déplacées, pour concentrer sur place le minerai en « yellow cake », transporté ensuite par bateaux et par trains jusqu’à Narbonne. Là, l’oxyde d’uranium est transformé en UF4 dans l’usine de Malvési, avec une production annuelle de l’ordre de 12.000 tonnes. Lors de la purification, les impuretés restent dans la phase aqueuse d’acide nitrique et sont envoyées vers les bassins de décantation autour de l’usine. À la fin de l’année 2010, le volume total des résidus très faiblement radioactifs stockés sur le site dans les différents bassins atteignait un volume de près de 1 million de m3.
    Après enrichissement dans l’usine Georges Besse-2, l’uranium appauvri est défluoré à Pierrelatte dans l’usine W qui produit un oxyde d’uranium chimiquement stable. Ce sont aujourd’hui environ 320 000 tonnes de matière chimiquement inerte et très peu radioactive qui sont entreposées de façon sûre.
    Ces réserves pourront servir de combustible dans des réacteurs de 4ème génération, dont la France a été leader à une époque, et qui sont désormais développés par les Russes, les Indiens et les Chinois.
    Il s’agit donc bien de ne pas priver les générations futures d’une possible source d’énergie décarbonée, dont le développement est beaucoup plus avancé que les technologies de stockage d’électricité (batteries et hydrogène) qui font l’objet de financements importants pour atteindre des coûts au niveau du marché de l’électricité. Et qui nécessitent des opérations minières, d’extraction et de purification des métaux, polluantes pour l’environnement !
    Ni économique, ni environnementale, ni sociale vis-à-vis de nos descendants, une telle dégradation des matières nucléaires purifiées en déchets représenterait donc la négation d’une stratégie durable.

  • Politique énergétique et sûreté nucléaire

    Pervès Jean-Pierre | 26 Novembre 2020 - 14h11

    L’autorité de sûreté nucléaire s’interroge sur le futur de l’ensemble des matières nucléaires valorisables (U de retraitement, U appauvri, thorium, …). Elle pèse lourdement pour une requalification générale en déchets de l’ensemble de ces matières, s’associant en cela aux demandes de groupes de pression antinucléaires et du Ministère de la Transition Ecologique.
    Il est bon de rappeler deux éléments essentiels
    - Dès 2001 le Conseil d’état avait considéré que l’uranium appauvri n’est pas un déchet mais un produit obtenu à un stade intermédiaire d’un processus de transformation, ce qui est évidemment pertinent pour les autres matières potentiellement valorisables (voir les études du CNRS sur la filière thorium par exemple).
    - Mais plus encore que la vision à long terme de la politique énergétique, elle-même étroitement liée à la politique climatique, est du ressort de l’Etat, et doit être bâtie avec l’obligation de laisser aux générations futures un panel aussi large que possible de solutions décarbonées.
    En ce sens il me semble que l’ASN s’exprime bien au-delà de ses missions, qui visent à veiller à la sûreté des entreposages ou stockages, et non à fermer de voies pour le futur. Ce faisant elle ignore qu’énergie et climat se gèrent sur un temps très long, et qu’ils doivent être appréciés en tenant compte de l’ensembles des paramètres utiles à une bonne gestion du futur, et non des seules contraintes de sûreté et sécurité nucléaires.
    Laissons à l’Etat la responsabilité de réserves stratégiques vitales. Il serait irresponsable d’assimiler, selon les critères actuels, ces matières à des déchets ultimes, dont la récupération ultérieure serait rendue quasiment impossible.
    Un temps de réflexion est d’autant plus nécessaire qu’il n’y a aucune urgence à en décider, alors que nous sommes en pleine crise économique et que ces matières sont correctement gérées, conformément à la réglementation.

  • L’uranium appauvri ? Une réserve stratégique et non un déchet !

    Pervès Jean-Pierre | 24 Novembre 2020 - 15h00

    Avec 400000 tonnes d’uranium appauvri vers 2040 la France dispose d’une ressource précieuse :
    - Pour une part approvisionnement en combustible mixte UO2-PuO2
    - Sur la totalité du stock la possibilité dans le siècle à venir, en fonction de l’évolution du prix de l’uranium naturel, d’extraire par la voie de l’ultracentrifugation le reliquat de 235U de la première phase d’enrichissement. C’est près de huit à dix ans de nos besoins en combustibles nucléaires qui sont déjà en notre possession.
    - Et également sur la totalité du stock la possibilité, dans des réacteurs de 4ème génération, les surgénérateurs, déjà démontrés en particulier en France, de nous alimenter pendant plus de 5000 ans en électricité non carbonée au niveau actuel.
    La ministre de l’environnement, chargée de l’énergie, semble vouloir fermer la porte à l’utilisation d’un stock stratégique considérable de combustible, et affirme en effet, sans démonstration, que la requalification en déchets de cet uranium appauvri est un enjeu de sureté́ nucléaire. C’est inexcusable de la part d’une ministre qui prône par ailleurs la préservation des ressources et le recyclage des matières.
    Cet uranium appauvri, faiblement radioactif, de volume extrêmement réduit en comparaison de son potentiel énergétique, est entreposé de manière sûre, sous le contrôle de l’ASN, sous forme d’un oxyde ininflammable et stable chimiquement.
    L’ASN, obéissant aux injonctions de la ministre « estime indispensable qu’une quantité substantielle d’uranium appauvri soit requalifiée dès à présent en déchet ». Mais elle reconnait que le stock d’uranium appauvri, « représente l’équivalent de millénaires de fonctionnement d’un parc de réacteurs rapides » et admet qu’il « devrait pouvoir être requalifiée en matière radioactive ». Bien que non chargée de la politique énergétique de la France, elle propose deux critères pour une requalification en déchet : répondre au contenu de la LTECV, qui ne couvre qu’une trentaine d’année et dont les défauts sont bien connus, et l’absence de perspective d’utilisation à l’horizon d’une centaine d’années. Ces deux critères sont inadaptés au temps long d’une politique énergétique et surtout aux incertitudes, sur plusieurs siècles, de l’évolution climatique.
    Parallèlement, la volonté d’élimination du nucléaire du mix énergétique national, s’oppose aux scénarios du GIEC et de l’Agence internationale de l’énergie qui soulignent l’importance du nucléaire et de l’électricité pour lutter contre le changement climatique.
    Face à cette irresponsabilité de la Ministre et à l’intrusion injustifiée de l’ASN dans la politique climatique (elle n’est en charge que de la sûreté des installations nucléaires et de la radioprotection), il est temps que le Président et le gouvernement s’emparent du sujet, et bloquent cette attaque détournée par le biais d’une discrète concertation post et préconsultation sur le PNGMDR.
    Il s’agit d’une question de politique climatique et énergétique à très long terme et la solution logique serait que l’état acquière ce stock et le transforme en réserve stratégique inaliénable. En faire un déchet serait un crime environnemental.
    PS : les déchets ultimes du nucléaires sont destinés à CIGEO, ce stockage géologique étant totalement inadapté à un « déchet » uranium appauvri, si par malheur la décision était prise. Par ailleurs quelle urgence ? En cette période de crise pourquoi vouloir lancer un chantier couteux de plus pour de seules raisons idéologiques.

  • Enjeux de gestion des matières radioactives

    Odile Rocher commissaire-enquêtrice | 24 Novembre 2020 - 00h45

    Dans un contexte d’économie circulaire, je propose de ne pas opposer d’emblée "matières et déchets » qui s’inscrivent dans un continuum lié aux avancées techniques. Une telle distinction n’a pas, me semble t-il, sa place dans le tout premier paragraphe qui introduit les enjeux car elle atténue la portée du texte qui suit.

    Dans le continuum de l’économie circulaire, la matière radioactive devient déchet ultime lorsque plus aucune solution d’utilisation ou recyclage n’est possible. D’ailleurs, « le niveau d’exigence des mesures de sûreté, de radioprotection et de protection de l’environnement prises pour la gestion des matières radioactives ne diffère pas de celui qui est exigé pour la gestion des déchets radioactifs. » Les matières radioactives qui font l’objet d’une valorisation ou de projets de valorisation sont : uranium naturel, de retraitement, enrichi ou appauvri, plutonium, thorium et combustibles utilisés dans les réacteurs nucléaires.

    Ainsi, la gestion prudente et experte des matières radioactives repose sur trois principes :

    1. crédibilité du caractère valorisable des matières radioactives et communication sur les progrès scientifiques et techniques accomplis
    2. sûreté de l’entreposage et/ou du stockage des matières radioactives à court, moyen et long terme
    3. modularité des solutions techniques d’entreposage et/ou de stockage de matières radioactives.

  • Garder ce stock énergétique pour ne pas oberer l’avenir

    POINT | 22 Novembre 2020 - 07h54

    L’uranium appauvri stocké ne constitue en rien un déchet. C’est une matière énergétique susceptible d’être utilisée comme "combustible" pour les générateurs nucléaires de génération 4 (les surgenerateurs) qui sont développés en Chine et en Russie.
    Pourquoi donc se priver de cette réserve énergétique pour les générations futures ?
    Rappelons que le surgenerateur de Creys Malville, abandonné par décision purement politique, il y a plus de 20 ans, était le prototype des surgenerateurs.
    Je ne comprends vraiment pas cette précipitation du MTES à fermer une piste d’avenir pour produire de l’énergie électrique propre et sûre avec une réserve de "combustible" inépuisable.

  • Garder intact la ressource en uranium appauvri

    BALLOT François | 20 Novembre 2020 - 15h52

    Le stock d’uranium appauvri issu du retraitement du combustible usé, conservé sur le sol Français dans de bonnes conditions de sécurité, a une très forte valeur potentielle dans la perspective du développement des réacteurs de 4ème génération.
    Le fait qu’il n’existe pas à l’heure actuelle de projet de construction de ce type de réacteur dans notre pays ne doit pas inciter nos gouvernants à changer le statut de ces matières pour en faire des déchets (même si selon l’ASN, ce changement de statut pourrait être réversible).
    La vision stratégique de la filière nucléaire couvre nécessairement le temps long et, que je sache, les perspectives de développement de surgénérateurs par la France sont toujours étudiées par le CEA.
    Il serait donc tout à fait incompréhensible de prendre une décision précipitée. On pourrait penser que cette décision à courte vue n’est dictée que par des préoccupations électorales, sous la pression des organisations anti-nucléaires.

Back to top