La gestion des déchets de faible activité à vie longue

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  • Dommage que les sangliers ne puissent voter !

    Michel GUERITTE | 12 Novembre 2020 - 19h25

    En 2008, nous avons fait ce qu’il faut pour que l’ANDRA ne puisse implanter le Centre de stockage FA-VL dans les communes géologiquement compatibles et volontaires.

    Cela n’a pas été si compliqué de convaincre les riverains, même si Marie-Claude DUPUIS, à l’époque, Directrice de l’ANDRA, a déclaré que nous avions communiqué sur la peur. Nous avons tout simplement ouvert les yeux aux élus "stupides-cupides".

    Quelques années plus tard, l’ANDRA est revenue, et a ciblé, bien sûr, le Soulainois, région habituée aux poubelles nucléaires. Entre temps, le Soulainois a été mariée au Vendeuvrois. Cela ne change rien au ratio "sangliers/ "blaireaux à deux pattes".

    La caractérisation des produits dits FA-VL est toujours aussi floue. Leur activité est évolutive, notamment pour le chlore 36. On se serait trompé, ils seraient finalement moins méchants ! Nouveau : il y aurait des MA-VL de CIGéo déclassable en FA-VL pour le Soulainois. De toute façon, on se débrouillera toujours : les moins méchants pourront même aller dans le CSA, et les très méchants dans CIGéo. Et dans son Avis n° 2020-AV-0357, l’ASN considère que les déchets FA-VL doivent être stockés dans des installations dûment autorisées. Elle estime que si, à l’avenir, il était envisagé d’utiliser le CSA pour stocker des déchets de type FA-VL, une procédure préalable de modification du décret d’autorisation du CSA serait nécessaire, et la capacité du CSA à stocker les déchets pour lesquels il est actuellement prévu ne devrait pas être obérée. Attention, le gendarme surveille !

    Pour nous, ces déchets ne sont pas moins dangereux que ceux stockés au CSA. Mais ils sont là pour l’éternité. Connaissant les conséquences sanitaires des fuites et des rejets (aux normes) du CSA, nous sommes opposés à ce stockage.

    Précisons qu’en 2015, l’ASN s’interrogeait sur les performances de la couche d’argile destinée à recevoir le stockage (perméabilité, contexte hydrogéologique, épaisseur de la formation hôte...) et l’évaluation préliminaire de sûreté en exploitation, et sûreté après fermeture (impact des toxiques chimiques, impact de l’ensemble du stockage en scénario d’évolution normale, exposition au radon, et scénarios d’intrusion).

    L’ASN ajoutait : "Il faut garantir la limitation du relâchement de radioéléments vers l’aquifère qui alimente Paris en eau !" L’ASN a vu que le site envisagé est situé au-dessus de l’aquifère des Sables verts. Cet aquifère est actuellement exploité localement pour l’irrigation, et il appartient à la formation aquifère de l’Albien, qui s’étend sur l’ensemble du Bassin parisien. Cette formation constitue une réserve stratégique en eau potable pour l’agglomération parisienne, et l’aquifère des Sables verts contribue à sa recharge.
    L’ASN considère que l’Andra doit analyser les caractéristiques de la partie inférieure de la couche d’argiles tégulines (en termes d’épaisseur, d’homogénéité, de faible perméabilité...) afin de s’assurer qu’elles garantiront la limitation du relâchement de radioéléments vers l’aquifère des Sables verts. L’ANDRA doit s’assurer de conserver une épaisseur de garde inférieure suffisante pour limiter ces relâchements, même en cas de présence de discontinuités mineures, et enfin l’ANDRA doit vérifier l’absence de scénarios conduisant à un relâchement inacceptable dans cet aquifère.
    L’ASN estime nécessaire que des marges soient prises sur l’épaisseur de la garde supérieure pour tenir compte de son altération, de l’érosion et des risques d’intrusion.
    Inquiétant : L’ASN estime qu’il sera difficile de démontrer la faisabilité, dans la zone investiguée, d’une installation de stockage de l’intégralité des déchets de type FA-VL retenus par l’Andra.
    La CNE2 est également inquiète :
    La CNE dans son rapport n°10 de mai 2016, précise quelques problèmes, risques ou recommandations :
    - le gonflement des bitumes sous eau à long terme,
    - les interactions entre les sels des déchets (nitrates et sulfates des radifères et bitumes), avec le ciment et l’argile, qui peuvent modifier la migration des espèces porteuses de la radioactivité,
    - l’Andra doit étudier : le relâchement du chlore, du carbone et du graphite (bloc ou poudre), la diffusion des gaz (radon, chlore, CO2) dans la couverture, la modification de l’argile par les sels...
    - les résultats acquis sur le comportement des radionucléides, issus de ces déchets en situation de stockage en sub-surface dans l’argile téguline, sont encore insuffisants pour soutenir les calculs d’impacts radiologiques d’une analyse de sûreté réaliste. Les conditions physico-chimiques qui contrôleront la migration des radionucléides doivent être précisées, et les études de comportement doivent être conduites au plus près de ces conditions.
    Pour conclure, rappelons que tout cela se passe en Champagne. La Champagne est en train de devenir la poubelle nucléaire de la France, avec tous les problèmes d’image (tourisme et productions agricoles) qu’il est inutile de développer. Prochainement nous allons communiquer sur des raisonnements et calculs inquiétants quand on s’autorise à comparer l’activité alpha et béta globale du verre d’eau du robinet, avec celle de la tasse de thé vert provenant de la région de Fukushima (aux normes), à celle de la flute de champagne (qui contient 90% d’eau).
    Comme le disait François BAROIN en 2009 : "L’Aube a assez donné !" On pourrait effectivement stocker les déchets radioactifs ailleurs, mais personne n’en veut, sauf les "blaireaux" du Soulainois.

    Aux USA, on utilise les déserts. En France on fabrique des déserts verts... en Champagne.
    Dommage que les sangliers ne puissent voter !

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