Déchets nucléaires : un problème limité qui a des solutions

TAMAIN Bernard | 05 Décembre 2020 - 17h03

Les déchets du nucléaire sont surtout de deux types : les produits de fission dont la dangerosité sera inférieure à celle de la mine d’uranium de départ au bout de 300 ans. Un tel stockage est facile et garanti. Les autres déchets sont ceux de noyaux plus lourds que l’uranium et qui sont dangereux pendant longtemps. Cependant, il faut savoir que ces produits très lourds diffusent très peu : on en a la preuve naturelle donnée par les réacteurs naturels d’Oklo que la nature a fait diverger il y a quelques milliards d’années. Leurs déchets sont restés localisés. Ainsi, il n’y a aucune raison de penser que de tels déchets, stockés dans des matrices ad hoc et placés 500m sous terre dans une zone imperméable puissent un jour poser problème. Beaucoup plus problématiques sont les déchets chimiques ou la dioxine qui eux, sont beaucoup moins bien ou pas gérés.
De plus, on peut beaucoup réduire la quantité (faible) de déchets dangereux à longue vie en les brûlant dans des réacteurs à neutrons rapides, réacteurs qui brûleraient aussi l’uranium appauvri dont certains voudraient faire un déchet alors que c’est un combustible présent sur le sol français et qui pourrait fournir notre électricité pendant 5000 ans !
Les polémiques autour des déchets nucléaires sont entretenues par des personnes qui n’y connaissent rien, qui ont peur de quelques Becquerels alors que leur propre radioactivité naturelle est de l’ordre de 8000 Becquerels ! Il serait temps d’écouter les experts plutôt que les marchands de peur.
Je suis Professeur Emérite d’Université, spécialiste de Physique Nucléaire, complètement en dehors de tout lobby, et je suis affligé de constater à quel point la peur irraisonnée du nucléaire empêche l’humanité et surtout les Européens de miser pour le futur sur une technologie dont on a grandement besoin pour résoudre les problèmes énergétiques et de réchauffement climatique qui sont devant nous.

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